In Rock We Trust

16 mai 2010

"Ce mec, c'est Dieu !"

Aujourd'hui, je vends ça :


Copy_of_DireStraits_Alchemy_DVD_Std_Amaray_Cvr_211x300


Pour être tout à fait honnête avec vous, moi avant, Dire Straits, c’était pas mon truc. Honnêtement, la misère elle était plus au niveau de leurs effets foireux années 80, époque bénie où on n’avait pas honte de prendre son synthé pour un orchestre philharmonique (5 claviers qu’il a sur scène, Alan Clark, 5 ! Sans déconner les mecs…). Et puis bon, un ami que je tiens pour avoir des goûts musicaux sûrs (je retire ce que je viens d’écrire, il est aussi fan de Supertramp, et ça c’est rédhibitoire.) Ce garçon aux goûts musicaux disons… intéressants m’a un jour vanté les mérites de Mark Knopfler en ces termes : « ce mec, c’est Dieu ! ». Ah ouais quand même. S’en est suivi une longue théorie barbante du type qui s’y connait, que je résumerai en quelques mots : « il fait des putains de solos, mais AVEC SES DOIGTS ! ». Bon, soit. Sur le coup je n’ai pas bien vu pourquoi cette particularité le rendait digne de l’Olympe mais j’ai promis que je m’empresserais d’écouter le best of que j’avais chez moi, et je puis vous dire que je l’ai fait, parce qu’avec ce garçon, on ne rigole pas.

 Et en fait, il avait raison. Knopfler, c’est Dieu. Mais le Dieu des guitaristes blancs ringards un peu intellectuels. Et ne me parlez pas de Clapton. Lui il est bien gentil avec sa tête d’informaticien et peut-être qu’il a un meilleur sens de l’assortiment vestimentaire mais non, le vrai Dieu des loosers blancs de la terre entière, y a pas à dire, c’est Knopfler. Passons sur le côté un peu désuet de la musique de Dire Straits, les Beatles aussi ils sont désuets, je suis désolée, tout le monde oublie de le dire mais c’est vrai. Et pourtant tout le monde adore les Beatles. Eh bien moi j’adore Dire Straits, pour leur Dieu des ringards et pour :

SULTANS OF SWING

Ou la chanson la plus cool de l’univers.

Le moindre mot de cette chanson, le moindre accord, le moindre silence respire le flegme, le jazz, la décontraction, en un mot : le COOL. Donc en bref et en résumé, Dire Straits, les gens, c’est bien, et Knopfler, c’est un grand.

 D’abord avec lui, tu sens que c’est intense. Parce qu’il est couvert de serviettes éponges, on en déduit qu’il a une fâcheuse tendance à transpirer beaucoup. Clapton en concert, il est là, dans son costume, ses lunettes glissent même pas sur son nez, c’est tout juste si son front brille. Et puis Knopfler, quand il joue, il fait des mimiques interdites aux moins de 18 ans, et là, tu comprends pourquoi il transpire autant. Comment ne pas résister quand, lorsque les Sultans ont finalement remballé leurs affaires et sont repartis aussi discrètement qu’ils sont venus, il nous embarque pour cinq minutes de solo, vous savez cette fameuse montée dont on ne voit plus le bout, qu’on suit le souffle coupé et la bouche grande ouverte (ah bon, ça vous fait pas ça, à vous ?) ? Et puis un quart d’heure de « Telegraph Road », avec sa mélodie limpide et sa poésie urbaine. Un quart d’heure, ça vous laisse le temps d’en construire, des histoires. A la fin, on a un peu l’impression d’avoir fait une colo avec Knopfler : c’est pas ton ami, mais t’as un peu vécu avec lui quand même.

 Alors au début d’Alchemy, quand Mark Knopfler, avec son bandeau en serviette éponge et son air d’intellectuel qui s’est aventuré par erreur trop loin de sa bibliothèque, lance un « heyyyyyy-riiigght ! » de sa voix rauque, il n’y a plus qu’à se laisser emporter par ses doigts d’or pour une heure trente de très, très bonne musique. Et pour ceux pour qui la fumée, les costumes ridicules et les cinq claviers sont encore trop agressifs, faites comme moi, fermez les yeux. Vous allez voir, les Sultans of Swing ne sont pas très loin.

 

Posté par Little Polly à 00:20 - On ressort les vieilleries - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags :


05 mars 2010

Hard Rock is back, run for your lives !

Bon, il est peut-être temps que je me réveille un peu et que je poste tous ces articles inachevés, sans titres et sans familles, bref que j’insuffle un peu de vie à cet endroit peu fréquentable. Il y a quelques temps, j’avais annoncé un article sur Wolfmother, et le lecteur juste sait que je n’ai qu’une parole. Bon, une demie peut-être. Un quart ?! Entendons-nous sur un tiers, je ne descendrai pas plus bas dans la fidélité. Je n’ai qu’une parole, donc, et elle est d’or, alors tout le monde ouvre bien ses mirettes et mobilise ses neurones, car nous allons parler histoire du rock n roll. Et pas n’importe quel rock n roll. De HARD ROCK.

 Tout d’abord, il est bien possible que le lecteur, pourtant attentif et cultivé au-delà de l’entendement, ne connaisse pas Wolfmother. Ce groupe pas forcement très médiatisé et pas ultra présent non plus est par contre bien connu des publicitaires qui ont trouvé aux riffs endiablés de ce groupe de hard rock un fort pouvoir hypnotique et donc vendeur. Mais au diable la société de consommation, parlons musique. Le premier album du groupe, sorti en 2006 dans nos contrées riantes, est tout simplement énorme, je ne saurais trop vous le conseiller, il est énorme, vous dis-je. Cette bande d’australiens endiablés menés par un fou furieux nommé Andrew Stockdale ont déclenché une onde de choc en ranimant les vieux démons du hard rock de la veille école, celle du début des années 70. Mais je ne vais pas faire le commentaire détaillé d’un disque sorti il y a 4 ans, inutile. Je ne vais pas non plus vous décrire en long et en large le nouveau, « Cosmic Egg », sorti il y a quelques mois, mais ça c’est parce que je suis incompétente.

 Par contre ce que j’ai eu envie de faire en écoutant ce disque, c’était de comparer la musique de ce groupe aux groupes de hard rock de nos ancêtres (pardon, lecteur antédiluvien, je suis jeune mais je me soigne). Parce qu’il faut savoir que ce groupe plein de talent et de charmes, c’est quand même des champions du repompage. Je vais essayer de faire ça vite et sans douleur, détendez vous, mordez là-dedans et tenez bon.

Alors c’est parti. Déjà, à l’origine des abus de décibels des loupiots, on trouve les mamelles diaboliques de Black Sabbath. Et quand on sait que Black Sabbath ça engendre ce genre là... :

arton429

Il fait peur, hein ? Il s’appelle Facebook.

.

Black Sabbath c’est donc un pionnier de chez pionnier du hard rock de 1968, et de toute la dégénérescence musicale qui s’en suit. Leur truc à eux, c’est la musique satanique. Des riffs inoubliables comme on en a jamais refait et qui hypnotisent. La guitare à la mode c’est la Gibson SG, parce qu’elle a des cornes, et parce qu’elle a un son… d’enfer. Cette guitare on la retrouve chez Led Zep (sauf que Jimmy Page il se la pète avec sa hache à deux manches), un peu plus tard dans les bras d’Angus Young et… chez Wolfmother, bien sûr. Maestro, exemple !

Ensuite, il y a Led Zeppelin. Et eux leur spécialité, outre le vol outrageant du répertoire folk et blues américain, c’est une sorte de lyrisme exotique dans les mélodies. Oui je sais ça fait pas du tout bourrin comme ça mais faites confiance à ces gars pour faire monter la sauce. Un exemple ? Pas de problème. Alors, vous allez peut-être avoir du mal à reconnaitre le point commun entre la gauche et la droite vu qu'à gauche ils sont en acoustique et tout frippés, mais l'esprit, c'est le même. 

Et enfin la preuve en béton si vous doutiez encore, c’est Iron Maiden. Alors que le premier album était beaucoup plus mélodieux et Led Zeppelinesque (quel beau néologisme), pour « Cosmic Egg », ils ont sorti l’artillerie lourde, et la parenté avec ce groupe apparaît évidente à l’écoute de « 10 000 feet ». Mais sur « Wolfmother », déjà, il y avait ça :

Eh bien sur « Powerslave » 20 ans plus tôt, il y avait ça :

C'est fou ce qu'il ressemble à son père. Le mot de la fin je le laisse à mon spécialiste en matière de son qui fait mal aux oreilles. « Wolfmother, c’est du Maiden, mais avec une voix de tapette. » Merci, Nicolas, merci pour cette vérité universelle.


Découvrez Delta Spirit!

Posté par Little Polly à 00:20 - On ressort les vieilleries - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : ,