In Rock We Trust

Vous qui adorez le son d'une guitare electrique, qui vouez un culte à Led Zep, qui croyez encore en Pete Doherty, qui traversez la france pour aller camper aux Eurockéennes, je vous salue. Gardez l'esprit rock ! Et Bienvenue_

09 octobre 2009

Les Feuilles Mortes se Ramassent à la Pelle

Nick_Drake

Je viens d'apprendre la mort de Robert Kirby, le monsieur à qui l'on doit les orchestrations des albums de Nick Drake, et dont on retrouve la patte chez The Magic Numbers, Elvis Costello, Linda Thompson, Paul Weller, Elton John, John Cale... Mais surtout chez Nick Drake. Une bonne occasion comme une autre de découvrir ou de redécouvrir l'époustouflant "Five Leaves Left" par exemple et de l'écouter encore, encore, encore, et encore...

A part ça, en parlant de folk, Alela Diane a sorti un EP enregistré en compagnie d'Alina Hardin il y a quelques jours, une espèce d'annexe au merveilleux "To Be Still". Et bien sûr, c'est génial.

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08 octobre 2009

J'aime Pas l'Automne, D'abord.

Bon ! Il m'a fallu un petit moment mais j'ai fini par me décider à publier mon deuxième coup de coeur d'il y a presque un mois. Oui, il y a quelques temps je vous ai parlé de Bonnie 'Pince' Billy en promettant à mon bon lecteur impatient un autre morceau d'un autre groupe signé chez un des meilleurs labels de l'univers nommé Domino Records. Ce groupe c'est donc Joker's Daughter, pas grand' chose à dire dessus si ce n'est que c'est made in England et que c'est l'oeuvre de Mr Danger Mouse (le monsieur de Gnarls Barkley, entre aure) mais ça, je sais pas vous, mais moi je m'en fiche pas mal. Il ne vous reste donc plus qu'à jetter une oreille sur "Lucid", petit morceau automnal sympathique et pourquoi pas sur "The Last Laugh" si le coeur vous en dit.

THE SITE

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17 septembre 2009

Fleet Foxes & Blitzen Trapper, live at « Le Grand Rex »

            Eh oui, ce moment tant attendu est enfin arrivé, ce fameux concert que j’attendais depuis le mois de juin : Les Fleet Foxes au Grand Rex, salle étrange s’il en est et pas vraiment idéale pour le concert d’une bande d’altermondialistes en chemises rayées et cheveux longs, mais soit. Mais à part le décor ambiance mille et une nuits et les fauteuils en vrai faux cuir en skaï jaune, rien, absolument rien dans cette soirée ne sonnait faux. Je dirais même que la performance des Fleet Foxes se rapprochait gentiment de la perfection.

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            La salle est à moitié vide lorsque les musiciens de Blitzen Trapper prennent discrètement la scène, mais les retardataires qui étaient encore en train de fumer leur clope ou d’engloutir leur McDo dehors viennent vite la remplir à l’appel des premières notes de « Sleepy Time in the Western World ». Mais moi j’étais à l’heure, à mon poste (très bien placé d’ailleurs) pour me faire une idée définitive de ce groupe oscillant entre country nouvelle génération, folk et rock teinté parfois de psyché (oui, ça m’a surprise aussi).

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..........Le public reste assez insensible malgré quelques bonnes âmes bruyantes au premier balcon, jusqu’à la chanson « Furr », terriblement efficace pour mettre tout le monde d’accord, surtout avec l’aide du leader des Fleet Foxes, venu supporter son « supporting band » avec quelques harmonies dont il a le secret et… un tambourin. Oui, le tambourin et les maracas seront les objets fars de la soirée, d’ailleurs j’ai regretté qu’ils ne fassent pas partie du marchandising, ça aurait pu être sympa dans le métro, enfin c’est une idée comme ça. Je suis complètement sous le charme de ce groupe certes un peu décousu dans le style mais plein de bonne volonté, et je profite donc de la balance pour aller me procurer leur album « Furr ».

            Après cette première partie fort agréable vient donc l’attente insoutenable, l’impatience, l’excitation, bref, je ne tiens plus sur mon siège rembourré, jusqu’à ce que la musique d’introduction des Fleet Foxes ne vienne soulager mon calvaire. La suite n’est qu’une heure et demie d’extase, de bouffées incontrôlables de bonheur. D’abord Robin Pecknold est encore mieux en vrai. Il mérite plus que jamais son surnom de Rrrrésous : je savais qu’il avait un talent incroyable et une voix d’or, mais pas qu’il avait autant de charisme : c’est bien simple, on ne voit que lui, on entend que lui. Pourtant il ne paye pas de mine, avec son bonnet rouge façon Commandant Cousteau, mais quel aura !

Et puis quelle musique… Les Fleet Foxes ont tout simplement inventé le remède universel au stress, au blues et autres préoccupations, bref, à tous ces maux qui sont les conséquences de notre société un peu trop matérialiste. Loin de toute mode, de tout phénomène social ou commercial, ce que j’ai entendu hier soir n’était que vérité et beauté. Aller à un concert des Fleet Foxes, à mon sens, c’est comme aller écouter la 9ème Symphonie de Beethoven ou je ne sais quel chef d’œuvre classique que vous connaissez mieux que moi. C’est beau et émouvant et parfait, et pis c’est tout.

            La performance est d’autant plus magique que c’est le dernier concert d’une tournée de 18 mois pour le groupe, et l’ambiance est donc particulière. En guise de final, Blitzen Trapper et une partie du staff rejoignent nos fins goupils sur « Blue Ridge Moutain », qui à la guitare, qui au chant et le reste… aux maracas ou autres percussions divers. « I love you. I love you, oh brother of mine… ». Amen.

Une vidéo et des photos, mais pas de moi, mon appareil photo m'a fait faux bond.

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11 septembre 2009

Blue Songs of Kentucky

M'en fiche complètement que vous méprisiez la folk music aussi fort qu'un cheveux au fond d'un évier, ça m'empêchera pas de continuer à en poster, et jusqu'à ce que mort s'en suive. Bon, peut-être pas remarquez, tuer un lecteur n'est pas la meilleure façon d'en récupérer d'autres, même en comptant sur la curiosité sadique de la populasse moyenne. Bref, je suis donc tombée, au hasard de mes errances du soir sur la toile, sur deux petites choses délicieuses que j'aimerais bien partager avec vous. Vous me laissez encore ce privilège ? Bon, parfait. Le premier s'appelle Bonnie 'Prince' Billy, enfin Will Oldham mais chut faut pas le dire. Vu le nombre incroyable d'albums que ce monsieur a pu pondre depuis ses dix-sept ans, il me faudra peut-être un peu de temps pour vous donner un aperçu d'ensemble de son oeuvre alors, pour le moment, je vous propose humblement ce morceau, "Cursed Asleep", qui est sur l'album "The Letting Go", paru en 2006 chez Domino Records. Oui, la video est bizarre, et alors ? Tout le monde a le droit d'être différent. Et je suis sure que le droit de porter une moustache blonde et la boule à zéro et de jouer de la clarinette au milieu d'une fumée douteuse en faisait des gestes bizarres figure quelque part. Pour ce qui est de la deuxième découverte phénoménale du vendredi soir, il vous faudra attendre le prochain billet, celui-ci est déjà trop long.

--> THE MYSPACE

Oh mon Dieu, je viens juste de remarquer que le player deezer n'était pas mort. Incroyable.

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01 septembre 2009

Oyez braves gens, la fabuleuse histoire des Blitzen Trapper

Nous sommes le 1er Septembre, soit le premier jour de l’hiver à Paris. Je suis sérieuse. Ici il y a deux saisons, comme sous l’Equateur : la saison sèche, où la pollution permet d’attendre artificiellement les 30°C nécessaires au bon fonctionnement de Paris Plages, et puis la saison des pluies, qui commence invariablement le jour de la rentrée des classes. Et oui, cette pluie est là pour nous rappeler que le temps des réjouissances est fini, que l’ultimatum pour retrouver son passe navigo se rapproche dangereusement et que dans quelques jours il faudra retourner trimer. Bien sûr cela ne réjouit personne ! Sauf peut-être l’accro au travail dont le cœur bat plus fort à l’idée des responsabilités et des challenges excitants qui l’attendent, mais lui je ne le considère pas comme une vraie personne de race humaine.

Bref, comme il est hors de question que je me fasse avoir par cette pluie de mauvais augure, je vais vous parler d’un groupe américain dont la musique contient pour moi assez de soleil et de bonne humeur pour vous revenir quelques semaines en arrière. Blitzen Trapper, car tel est son nom, est un groupe de Portland, Oregon, signé chez Sub Pop, label ayant eu ses heures de gloires dans les années 90 avec le mouvement grunge. Mais rassurez-vous, ici s’arrêtent les ressemblances avec les affreux méchants amis (et ennemis) de feu Kurty.

Blitzen Trapper, ce serait un peu comme un groupe 100% américain qui aurait fait un stage intensif de rock indépendant anglais. Ca paraît improbable, mais c’est vraiment ça : le son américain est là, mais l’intelligence aussi (ouf !). Blitzen Trapper est en effet un des rares groupes qui rappellent à nous, pauvres européens, que la musique made in USA ne se limite pas aux soupes insipides que nous servent les bandes FM. Alors bon, ce groupe n’est peut-être pas la révolution en marche, mais il réchauffe quand même le cœur du mélomane, comme des Cold War Kids ou des Fleet Foxes (qui vont réapparaître très vite dans cet article, je vous préviens). Comme d’habitude pour un groupe indépendant de ce calibre, le mélange est simple : folk et rock, du vieux et du neuf, une bonne dose de talent et d’originalité, et ça marche.

Si je puis conseiller un album à mon aimable lecteur qui est déjà bien trop bon et généreux de m’accorder ces quelques minutes d’attention, ce serait le dernier en date (2008), « Furr ». Parce que si le premier est bien, les deux suivants pas mal, le quatrième album de Blitzen Trapper défonce vraiment tout. Bon, et la raison ultime pour laquelle je parle de ce groupe, c’est que je vais le voir dans quelques jours en première partie des excellentissimes, des incroyables, des merveilleux Fleet Foxes. Raaaah… mon cœur défaille déjà.

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20 juillet 2009

M'en vais combattre la grippe !

Mes amis, I might be gone for a long ol' time, comme ils disent au pays où je m'en vais demain. Je vous laisse donc avec cette vidéo de Led Zep quand ils étaient encore jeunes, sexy et frétillants. Et comme je ne perds jamais une occasion de revenir à la folk music, je vous laisse aussi avec la version originale de cette chanson, enfin plus exactement la version que Jimmy Page a entendu avant de la reprendre avec Plant. C'est un enregistrement de 1962 de "Babe I'm Gonna Leave You", chanson écrite une dizaine d'année auparavant par Anne Bredon, interprétée en concert par Joan Baez. Je sais bien que rien que le nom en fait grimacer certains... mais écoutez quand même, vous ralerez après. Sur ce, bonnes vacances.


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26 juin 2009

Fichus Anglais !

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Il y a quelques jours je suis littéralement tombée sur «Heyday», une sorte de compilation des meilleures «BBC Sessions» du groupe de folk-rock Fairport Convention paru chez l’excellentissime label Island (le label de Bob Marley, je précise, hein, sait-on jamais). Et comme d’habitude chez eux, c’est du travail de pro : «Heyday» a été remasterisé, complété et commenté en 2002. Et non seulement je l’ai trouvé mais en plus pour la modique somme de 8€, chose assez rare pour un disque en import de cette qualité. Donc je quand je dis que je suis tombée dessus, ce n’est pas qu'une image (je vous laisse tout le loisir d’imaginer la scène).

Fairport Convention est un groupe relativement peu connu par rapport à l’importance qu’il a pu avoir dans le développement d’une certaine musique anglaise à la fin des 60’s, bien après la déferlante des Beatles et des Stones. Cette musique, c’est celle du revival folk qui frappe l’underground londonien à partir de 65 et dont j’ai déjà parlé avec Jackson C. Frank. Mais ce qu’il a de bien avec Fairport, c’est que ce n’est pas uniquement une bande de collectionneurs de cithares et de vêtements bizarres comme a pu l’être Pentangle : leur style va bien au-delà du strict répertoire folklorique anglais, ce qui en fait un groupe très intéressant, même pour ceux que la folk musique embêterait (Mon Dieu, sauvez ces brebis égarées…)

Au départ Fairport Convention était bien parti pour être plus un groupe garage qu’autre chose lors de sa création en 1968 : leur premier album ressemble assez fortement au «décollage» de Jefferson Airplane deux ans plus tôt : il suffit d’écouter «It’s Alright Ma’, It’s Only Witchcraft» ou «Time Will Show the Wiser» pour s’en convaincre, on est assez loin des ballades traditionnelles irlandaises. Le groupe commence donc très fort et attrape vite l’étiquette de Jefferson Airplane anglais. Et d’ailleurs, pour entretenir cette filiation flatteuse, le groupe s’approprie le meilleur du répertoire folk américain : Dylan, Joni Mitchell et Cohen entre autres. Fairport aurait donc pu devenir un bon groupe garage anglais de plus, mais c’était sans compter sur l’arrivée d’une pièce rapportée de choix : Sandy Denny. Inutile de faire sa biographie ici, mais juste pour la situer, elle a fait ses classe avec Jimmy Page et Eric Clapton et fut la petite amie de Jackson C. Frank, et oui, encore lui. Elle remplace de sa voix voilée très particulière la jolie chanteuse Judy Dyble dès le deuxième album du groupe. Seulement son truc à elle c’est le folk british, et elle l’impose très rapidement, ce qui ne plait pas du tout à Ian Matthews, le chanteur, qui quitte à son tour le navire pour rejoindre ses rêves américains.

C’est donc à cette époque que s’enregistre le disque qui m’intéresse, «Heyday». Il est le meilleur exemple de ce qu’à pu être l’âge d’or de la musique anglaise (comme son nom l'indique d'ailleurs) : des essais, des mélanges, et en bonus le meilleur mariage jamais réalisé entre le violon et la guitare électrique (tenue par l’excellent guitariste Richard Thompson). Par exemple, le groupe s'amuse à reprendre «If You Gotta Go, Go Now» de Dylan mais… en français dans le texte, et à l’accordéon, ce qui donne le sautillant «Si Tu Dois Partir». Outre ce petit délire francophile, la plupart des chansons de cet album sont magnifiques, servies par la voix incroyable de Sandy Denny, de très bons musiciens et des arrangements quasi-parfaits. Je ne vois donc vraiment pas ce qui manque à ces enregistrements et qui pourrait empêcher même les plus récalcitrants à y jeter une oreille... Quand à Fairport, tous ses membres orignaux ont eu des carrières solo assez intéressantes. Le groupe existe encore, et pendant toutes ces années d'existence, il a compté... 26 membres différents !

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23 avril 2009

"All you soul searchin people c'mon !"

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"Ode to Sunshine", sorti fin mars en France date en fait de 2007 et en est à sa deuxième réédition. Comme d'habitude, nous sommes les derniers servis (quoique, ayons une pensée émue pour les habitants du Kazakhstan). Delta Spirit vient du soleil de la Californie, San Diego plus précisemment. Et en écoutant cet excellent album, il y a un groupe qui m'est venu à l'esprit, c'est bien sûr Cold War Kids. Venant de moi, la comparaison est flatteuse. Pianos de bar, rythmes saccadés et chant haut perché, oui, on a bien là les petits frères des Kids que j'aime tant. La même capacité à mélanger blues, rock, folk et autres pour en faire quelque chose de complètement différent, la même obsession de l'autenticité. Le résultat est très loin de toute mode ou revival, extentrique, et mérite bien son étiquette de rock indépendant. "Ode to Sunshine" a peut-être beaucoup moins de profondeur que "Robbers & Cowards" et "Loyalty to Loyalty" mais renferme son lot de très bonnes chansons, comme "People Turn Around", "Bleeding Bells" et "Battle of Vitaly" (folk song malheureusement absente de l'édition française). Bref cet album imparfait est mon coup de coeur de ce mois-ci et je ne peux que vous encourager à vous le procurer dque façon que ce soit. Car comme tout le monde le sait, l'important, c'est le live ! Surtout avec Delta Spirit, qui ont la réputation d'être particulièrement compétents dans ce domaine.

   

Deux pour le prix d'une, je ne suis pas arrivée à les départager...

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13 janvier 2009

Neil Young – Live at Massey Hall

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On le sait, Neil Young a des choses à nous livrer avant de quitter ce monde (ce qui, on l’espère pour lui, n’arrivera pas avant un certain temps). Des choses, musicales bien sûr, plus ou moins précieuses qu’il garde dans des tiroirs depuis des années et des années, en petit cachotier qu’il est. Ces choses portent le nom énigmatique d’ « Archives », et leur sortie est sans cesse reportée aux calendes depuis... Un bon bout de temps. Mais voilà pas qu’en 2006, le père Young se décide enfin à sortir le premier volume de ces albums perdus, l’excellent « Live at Fillmore East », enregistré avec le Crazy Horse (non non, le groupe) en 1970. Et puis en 2007, voilà qu’il sort une merveille qu’il aurait bien été dommage d’oublier, le Live at Massey Hall de 1971.

Une question se pose : mais que diable ne l’a-t-il sorti plus tôt ? Ben en 71, il n’avait pas vraiment le temps de sortir un live : «After the gold rush» n’était même pas encore usé sur la platine que déjà «Harvest» pointait son nez, et celui-là, il était pas question de le rater. Bon, d’accord, mais était-ce une raison pour l’oublier pendant les 35 ans qui suivent ? Peu importe, mieux vaut tard que jamais, comme on dit.

Ce concert à l’antique Massey Hall de Toronto (construit en 1894) est enregistré lors de la tournée « Journey Through the Past », que l'anglophone habile traduira par "Voyage dans le passé.". C’est le grand retour du Loner chez lui après 5 ans aux Etats-Unis. L’ambiance est donc plus que chaude dans la salle, alors qu’une bonne partie des morceaux joués sont strictement inconnus pour le public. Neil Young, lui, est au meilleur de sa forme et de son art. L’homme est seul face au micro, et ce qui en sort, c’est divin. Ses chansons sont dépouillées au maximum pour ne garder qu’une guitare, une voix et un piano. Il ne reste de ses morceaux, déjà excellents à la base, que le meilleur : des mélodies sublimes et intemporelles et des textes terriblement émouvants.

Le CD audio est accompagné d’un DVD avec quelques images d’archives diverses, assez inintéressantes et quelques images du concert, celles-ci inutiles. Pourquoi ? Parce que le musicien est tellement présent sur l’enregistrement que les images sont superflues. Plus curieusement, on trouvera aussi une video assez longue montrant la scène, les instruments mais pas le chanteur. Non, il y a un magnétophone en marche à la place, qui diffuse l'enregistrement. J'aimerais qu'on m'explique ce grand moment cinématographique. Décidément, j'aime pas les bonus.

Bref cet album mes amis, c’est tout simplement ce qui s’appelle un chef d’œuvre. A avoir absolument, pour ceux qui ne connaissent pas Neil Young, ceux qui l’adorent et même pour ceux qui ne l’aiment pas.

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18 décembre 2008

Yes, Indeed, Blues Have Run the Game.

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A Londres en 1965, pendant que certains font la fête toutes les nuits, se bourrent d’amphétamines et squattent les hits parades avec des chansons qui resteront comme les chefs d’œuvre inégalés d’une décennie complètement tarée, d’autres se terrent dans de petits clubs pour écrire et jouer d’autres chefs d’œuvre beaucoup plus confidentiels. Ces autres sont les Bert Jansh, les John Renbourn, les Sandy Denny… et LE Jackson C. Frank. Lui, il est intéressant pour sa vie incroyable que d’autres vous raconterons mieux que moi, mais surtout pour une chose : un album, un seul [et pas parce que le reste est nul, mais parce qu’il y en a réellement qu’un] : Blues Run the Game. Si vous allez l’écouter ici à tout hasard, il y a de fortes chances qu’il ne vous laisse pas de marbre. Cet album est tout simplement un condensé de tout ce que le talent peut offrir à un homme. Jackson C. Frank a été, le temps d’un album, touché par je ne sais quelle frénésie créatrice dépassant largement tout ce qu’un song-writer chevronné pouvait espérer. La vie vous fait des choses surprenantes, des fois.

Or donc, j'ai découvert avec joie que cet merveille était sur deezer, et donc pour avoir un aperçu de la chose, je vous propose d’écouter une de ses plus belles chansons : Blues Run The Game. Les reprises de ce morceau ne manquent pas : Simon and Garfunkel,  Bert Jansh [la meilleure], Nick Drake, Counting Crows… Pour ce qui est de l’album, sachez qu’il est disponible en import et qu’il fait très bien au pied du sapin. Au passage, pour ceux qui l’écoutent, l’album original s’arrête à « You Never Wanted Me » [Nan par ce que les bonus tracks c’est bien mais faut pas pousser : trop de bonus tracks tue l’album]

Je sais que vous mourez d'envie d’en savoir plus, alors allez faire un petit tour par et pis aussi.

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